Du 3 au 7 décembre 2014
Palais des Congrès
Juan-les-Pins

« LE REQUIN : DANGEREUX OU EN DANGER ? ».


Cette exposition, a été réalisée grâce à la participation des photographes de la FFESSM, de Mathieu Foulquié par le prêt des documents issus de l’exposition : « Les seigneurs des jardins de la Reine à Cuba » et de la mise à disposition de documents privés ( M. Gilli, J. Monot).

Depuis la série de films « Les Dents de la mer », à la fin des années 1970, tout événement lié de près ou de loin aux requins suffit à créer des mouvements, sinon de panique, du moins d’émotion. Dans nos contrées, le requin traîne une réputation de mangeur d'hommes, de monstre sanguinaire, qui fait que les organismes de protection ont bien du mal à trouver des échos dans la population, plus attachée au sort d'animaux plus sympathiques en apparence que ce prédateur des mers (notons au passage que le dauphin nage dans la même catégorie).

Quelques chiffres
Des chiffres tout d’abord : sur quelques 500 espèces de requins, seules cinq présentent un danger pour l’homme : le grand requin blanc, le requin-tigre, le requin-bouledogue, et plus loin de nos côtes le requin mako et le requin longimane. Au total, les requins sont impliqués dans moins de dix décès enregistrés chaque année dans le monde, quand, par exemple, l’on compte 2 000 victimes de crocodiles et 10 000 de serpents… En revanche, tous les ans, plus de 100 millions de requins sont tués par l’homme, principalement pour satisfaire l’appétit des amateurs d’ailerons, le plus souvent dans d’horribles conditions : une fois le requin péché, on lui coupe l’aileron dorsal et la queue, avant de le rejeter à la mer, où il agonisera pendant plusieurs heures (une «technique» de pêche nommée «finning»).


Le requin est utile
Plus encore que cette barbarie, ce qui doit nous faire réagir, c’est la menace qui pèse sur nous avec l’extinction programmée des requins : 17% des espèces sont en voie d’extinction, 80 à 99 % des populations de requins ont disparu depuis les débuts de la pêche industrielle… Or, le requin est utile. Elément capital de la chaîne alimentaire, il a pleinement sa place dans les écosystèmes des fonds marins. Les requins mangent en effet des animaux malades ou vieillissants, régulent les populations de poissons carnassiers ou herbivores. S’ils venaient à disparaitre, tout l’environnement marin s’en trouverait fortement perturbé: la population n’étant plus régulée par les requins, d’autres espèces de poissons carnivores proliféreront et dévoreront les poissons herbivores qui mangent des algues et ceux qui se nourrissent de méduses. Avec, à terme, la perspective d’océans envahis d’algues et de méduses, influant très négativement sur la vie des poissons, fruits de mer, crustacés... A titre d’exemple, sur la côte Est des Etats-Unis, les populations de onze espèces de requins ont diminué de 87 % à 99 % en 35 ans, favorisant l’explosion démographique des raies pastenagues et de la mourine, entrainant une diminution notable des proies de ces raies (coquilles Saint-Jacques et autres palourdes), dont la production a chuté de 840.000 tonnes à 300.000 tonnes en 2003 en Virginie et au Maryland.

Une menace globalisée et complexe

La menace qui pèse aujourd'hui sur les requins est à l'image de notre monde: globalisée et complexe. Globalisée car si la consommation d'ailerons est concentrée en Asie, pêche et commerce touchent tous les océans, toutes les régions du monde. Complexe car de nombreux phénomènes se combinent: dégradation des milieux côtiers, pollution, changement climatique, surpêche. De tout cela naît une interrogation, sur les rapports entre l’humanité et la nature. Depuis 50 ans, notre technologie nous a donné un avantage considérable dans notre bataille contre la nature. Allons-nous pousser cet avantage jusqu’à la détruire ? Si l’homme détruit la nature, il se détruira lui-même.

Dans cette exposition vous retrouverez le travail d'Ondine Elliot pour mieux connaitre les requins : « Depuis que je suis née, plus d’un milliard de requins ont été tués...».
Adolescente passionnée au prénom prédestiné, Ondine Elliot se bat depuis 2008 et l’âge de 12 ans pour une cause : la défense des requins. Peu de jeunes peuvent se prévaloir d’un parcours aussi riche au même âge. « Sauver les requins, c’est sauver l’homme ». Slogan choc à l’heure de la biodiversité qu’Ondine s’est appropriée pour en faire son fer de lance. Pour alerter l’opinion, elle a créé en 1999 une association, et s’est lancée dans la réalisation de panneaux d’exposition. Là encore, rien à voir avec des panneaux enfantins à l’écriture manuscrite. La qualité est belle et bien professionnelle. Rien d’étonnant qu’avec une telle motivation et un tel souci de rigueur, les médias, les personnalités (Bernard Seret, directeur du muséum d’histoire naturelle à Paris, Jean Yves Cousteau, Nicolas Hulot ou Maud Fontenoy), les municipalités, les festivals, les salons et les organisateurs de manifestations placées sous le signe de la mer, de sa faune ou de la défense de la planète soient séduits par son engagement et fassent appel à elle.